Ce matin, une découverte dans une revue – qui va conditionner toute ma journée. Le fils de Romain Gary a écrit un livre. Le merveilleux désespéré a donc eu un fils ? Je l'avais oublié, zappé…
Romain Gary, pour moi, est nimbé d'une aura très particulière. C'est le genre d'hommes qui me font ce « quelque chose » d'indescriptible, entre peur et désir… on en rencontre peu dans une vie, je pense. Il en fait partie. Les fous de vie, les désespérés magnifiques. J'y reconnais, pour ne citer ici que ces célébrités qui vous « diront quelque chose » - Gérard Philipe, Hemingway, Marlon Brando, James Dean et… j'en oublie sûrement – Romain Gary. Que connaissait et qu'aimait mon oncle J. Je me souviens que quand il allait à Paris, on l'enviait tant. Il y faisait ce genre de rencontres… Quant aux fous que j'ai rencontrés vraiment dans ma vie, c'est mon jardin secret… et j'en croise parfois sur les blogs. Entre nous, on se reconnaît.
Ainsi donc, son fils a écrit un livre ? Ce matin j'ai été le chercher, bien sûr, ce livre ! Et, dès la couverture, le cœur qui bat. Rencontre d'un frère - ce genre de sentiments. Si mon frère avait pu vivre, j'aurais aimé qu'il me parle sur ce ton. Pourquoi ? Mais parce que, sur fond rouge, déjà, le bandeau : « Es-tu vraiment toi-même ? ». L'une des questions qui me préoccupe souvent, me tourmente même parfois. Sommes-nous des êtres libres ou ne sommes-nous que moisissures issues de moisissures, une ligne - un prénom et deux dates - dans la généalogie familiale, sans choix, comme moutons parmi les moutons ? Avez-vous déjà observé sur une route ces chenilles processionnaires prises dans une ronde infernale, se suivant les unes derrière les autres, et attendant dans l'ignorance la voiture qui va les écraser…
Alors, oui - je regrette ce frère qui n'a pas vécu et que j'aime imaginer, paré de toutes les qualités que je cherche dans ceux que je rencontre et qui ne sont jamais ni le frère ni la sœur rêvés… un peu la prolongation du papa que j'ai tant aimé et qui a si mal vécu. Et qui a choisi, comme R.G., lui aussi, le jour et l'heure. Alors, ça aussi, ça fait de son fils un frère. Et, oui, faim de lire ce livre. Et l'espoir qu'il ait trouvé les mots, les mots qui disent juste.
Autre chose. C'est étrange comme ces dernières vacances m'ont comme changée. J'ai toujours trouvé les heures à moto très riches en pensées et prises de consciences. C'est à nouveau le cas. Merci Harley Davison ;-) ! Je vivais dans une grande peur depuis des années, depuis… toujours ? Comme une seconde peau. Je ne dis pas que la peur m'a oubliée, mais elle me fiche la paix. (Je touche du bois.) Et c'est quelque chose que je ne connaissais pas jusqu'ici. Et pourquoi est-ce que j'ai changé ? Parce que j'ai compris une chose très importante. Non, deux choses. D'abord, la vie est belle et elle peut être belle. Et aussi, qu'il ne faut pas, il ne faudrait pas, permettre à qui que ce soit de tenir (maintenir – retenir) mon destin, toute ma vie entre ses mains. Personne ne doit avoir ce pouvoir - ni cette responsabilité. Il n'y a que moi qui sois responsable de moi. Personne ne doit pouvoir décider de mon avenir, personne ne doit avoir entre les mains mon bonheur ou mon malheur. C'est accorder bien trop de pouvoir à ce quelqu'un là et à ce qu'il tient entre ses mains. Il ne faut pas. Si ce qui est entre les mains d'autrui est indispensable à mon bonheur, c'est que je suis esclave. Si je veux être libre, je dois m'affranchir. Alors, la peur n'a plus prise. Ou du moins, cette peur-là. Et on devient acteur et non plus marionnette. Et on devient observateur de ce que la vie va nous réserver comme prochaine aventure, comme curieux de voir ce qui va se passer. Oui, c'est ainsi que je me sens, là, en ce moment. Et ça fait un moment que ça dure et j'espère que ça va durer… curieuse et confiante. Après, bien sûr, il faudra une bonne dose de chance. Rester en bonne santé, ne pas avoir d'accident… Mais, au moins, choisir le rôle, la partition moi-même. Jeter au feu le « tchador mental » le « tchador moral ».
Oh ! Une précision - je ne parle pas ici de Chéri. Lui, c'est vrai qu'il tient entre ses mains mon bonheur et aussi mon malheur, mais lui, je l'ai choisi et il n'en profite pas, de ce pouvoir… (Et sinon, gare à lui ;-) )
Et envie de mettre en route une nouvelle toile, toujours dans la voie de la réalité magique. Je rêve beaucoup de chevaux ces derniers temps. Alors, mettre un rêve en image ? J'ai un très grand châssis carré. Enfin, très grand à mon sens, mais certainement pas si grand pour des peintres habitués aux grands formats ! Bref, c'est un grand carré qui fait 100 sur 100 cm. Dommage que la toile ait gondolé un peu, mais je vais m'y lancer quand même. C'est le risque quand on achète autre chose que des petits formats en grandes surfaces… mais le prix des grandes toiles est si élevé chez les fournisseurs spécialisés !
Bon ! C'est tout pour aujourd'hui !
Ah oui, j'ai presque oublié. Le titre du livre est « S. ou l'espérance de vie » d'Alexandre Diego Gary, édité chez Gallimard.
Très bonne journée à vous tous !
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