J'aime beaucoup aller lire le blog de Bobo Girl: Chronicles of Me. Ce matin, sa note a retenu toute mon attention. Voici ce qu'elle y dit, et ça correspond tellement aux questions qui me viennent à l'esprit ces temps, tout comme ce que dit le livre "The Artist's Way". Je me permets de faire un copier-coller de sa note de ce jour. Je pense que comme je dis clairement que ça vient de chez elle, je dois avoir le droit de le faire... Je l'espère ! Alors, voici ce qu'elle dit - extraits de sa note du jour (en rose):
Going to design school was a blessing and a curse. A blessing in that it helped me be more brave about coming out of my creative bubble and displaying my art for all the class to see. A curse because I had to endure critique and found myself comparing my art to others and questioning my ability as a designer and artist. No matter how many fabulous things were said about my creations...it was that one not so fabulous comment that stood out above all the rest. I know critique is necessary for growth in our talents, just as pain is necessary for growth on our path, but it still hurts our inner child that wants to believe there is no right or wrong way to create when it comes from our heart. This is the only way I know how to create...from my heart.
...
nurture my inner child and explore my talents with freedom and abandon. No rules. This is the perfect path for a sensitive soul like me.
I still struggle with comparing myself to others and when I do this, I have a tendency to run into a corner and hide my art. It is a journey and during those times I need to hold my inner child and tell her there is no right or wrong when it comes to her creations.
Here is an excerpt from "Letters to a Young Poet" that I like to read often for a reminder of the type of artist and designer I want to be:
Your work needs to be independent of others' work.
You must not compare yourself to others.
No one can help you. You have to help yourself.
Criticism leads to misunderstandings and defeatism.
Work from necessity and your compulsion to do it.
Work on what you know and what you are sure you love.
Don't observe yourself too closely, just let it happen.
Don't let yourself be controlled by too much irony.
Live in and love the activity of your work.
Be free of thoughts of sin, guilt and misgiving.
Be touched by the beautiful anxiety of life.
Be patient with the unresolved in your heart.
Try to be in love with the questions themselves.
Love your solitude and try to sing with its pain.
Be gentle to all of those who stay behind.
Your inner self is worth your entire concentration.
Allow your art to make extraordinary demands on you.
Bear your sadness with greater trust than your joy.
Do not persecute yourself with how things are going.
It's good to be solitary, because solitude is difficult.
It's good to love, because love is difficult.
You are not a prisoner of anything or anyone.
"Letters to a Young Poet", Rainer Maria Rilke (1875-1926)
C'est bien, non ? Alors, comme j'étais vraiment attirée par ce poème, j'ai fait quelques recherches sur Rainer Maria Rilke. J'en avais déjà entendu parler pas mal, puisqu'un de mes peintres favoris est Balthus et que la mère de Balthus - Baladine - aurait été la maîtresse ??? de Rilke. On dit même dans certaines biographies de Balthus que ce serait à Balthus et à son frère Pierre, qui voulait devenir écrivain, qu'étaient adressées les "lettres à un jeune poète".
Voici ce que j'ai trouvé sur Rilke, ici: http://perso.orange.fr/mondalire/rilkebis.htm#bio
Le souvenir de Rilke est maintenant devenu pareil à cette brise, qui rouvre comme une rose de Jericho le coeur desséché des solitaires. Parce qu'il fut triste, notre amertume est moins grande; nous sommes moins inquiets, parce qu'il vécut sans securité; nous sommes moins abandonnés, parce qu'il fut seul."
Marguerite Yourcenar
1875 - 4 décembre : naissance à Prague. Rilke s'attribuait volontiers une ascendansce de noblesse carinthienne; il semble en fait que cette ascendance ait été purement imaginaire. Le père, ancien officier, fait une carrière médiocre et se retrouve employé dans une compagnie de chemin de fer. La mésentente règne entre le père et la mère et le couple se dissout. La mère, Phia Rilke, dévote et coquette à la fois, s'éloigne; Rainer Maria souffre de cette abscence et d'un amour maternel insuffisant : les oeuvres de sa jeunesse en portent de nombreux témoignages.
1882 Entrée à l'école primaire des piaristes
1886 Fin septembre : entrée à l'école des cadets de Sankt-Pölten, en Autriche, puis,
1890 à l'école militaire supérieure de Weisskirchen en Moravie. Premières publications de vers et de prose dans diverses revues.
1891 Septembre : Rilke quitte Weisskirchen pour l'école de commerce de Linz.
1892 Retour à Prague. Rilke se prépare à l'examen de maturité par des leçons particulières.
1895 - 9 juillet : examen de maturité à Prague.Semestre d'hiver : université de Prague (littérature, histoire, philosophie, histoire de l'art).
1896 Fin septembre : départ pour Munich, où Rilke s'inscrit à l'université. Rédaction des premières poésies, qui figureront dans Offrande aux Lares, Couronné de rêve, Avent ; ainsi que du journal Wegwarten, destiné à être distribué gratuitement.
1897 Rencontre avec Lou Andreas Salomé, de treize ans son aînée.Juin-juillet : séjour auprès de Lou à Wolfratshausen, près de Munich.Début octobre : Rilke suit Lou dans la banlieue berlinoise, où il reste, avec des interruptions, jusqu'en mars 1901.
1898 Publication de divers récits, dont plusieurs constitueront les receuils Au fil de la vie, Deux histoires pragoises.Avril-mai : voyage à Florence et Viareggio.Décembre : chez Heinrich Vogeler, à Worpswede, près de Brême, dans une colonie d'artistes.
1899 D'avril à juin : premier voyage en Russie, en compagnie de Lou et de son mari Carl Andreas.27 avril : rencontre avec Tolstoï, à qui les voyageurs sont recommandés par le peintre Leonid Pasternak.Au retour, rédaction de la première partie du Livre d'heures (Le livre de la vie monastique).
1900 De mai à la fin août : deuxième voyage en Russie; nouvelle rencontre avec Tolstoï à Iasnaïa Poliana.Au retour de ce voyage, fin de la première période des relations avec Lou Andreas Salomé.27 août : arrivée à Worpswede.Publication des Histoires du bon Dieu.
1901 Mars : mariage avec Clara Westhoff, qu'il a connue à Worpswede. Rédaction de la deuxième partie du Livre d'heures (Le livre du pèlerinage). 12 décembre : naissance d'une fille, Ruth Rilke.
1902 D'abord à Westerwede, près de Worpswede. Rédaction de la monographie Worpswede. Fin août : départ pour Paris (où il restera jusqu'en mars 1903), avec l'intention d'écrire une monographie sur Rodin (dont la première partie est publiée en 1903). Rédaction des récits qui constituent le receuil Les Derniers et composition d'un grand nombre des poésies du Livre d'images.
1903 Avril : Rilke quitte Paris (pour y retourner quelques mois plus tard) jusqu'en 1905 Composition du Livre d'images et des premières pièces des Nouveaux poèmes.Troisième partie du Livre d'heures (Le livre de la pauvreté et de lamort), écrite à Verragio. Première des Lettres à un jeune poète.Mi-décembre : Rome (jusqu'en juin 1904)
1904 Rome, puis, à partir de juin, séjour en Scandinavie, où Rilke est invité dans deux maisons amies. Février, à Rome, début de la rédaction des Carnets de Malte Laurids Brigge, en même temps que sont conçus quelque-uns des Nouveaux poèmes.
1905 Divers séjours en Allemagne.Septembre : installation à Meudon, chez Rodin.Octobre et novembre : tournée de conférences (sur Rodin).
1906 Deuxième tournée de conférences.Mars : mort du père de Rilke.Vers la mi-mai : brouille avec Rodin, Rilke s'installe à Paris.
1907 Publication de la monographie augmentée sur Rodin.
1907-1914 Début d'une longue période de voyages (Afrique du Nord, Egypte, Berlin, Espagne, Venise). Travaille aux Nouveaux poèmes et au Requiem. Séjour à Paris de mai à octobre 1907, de mai 1908 à février 1910 (où réconcilié avec Rodin, il loge à l'hôtel Biron). Un de ses voyages (en 1909) mène Rilke aux Saintes-Maries-de-la-Mer, à Aix-en-Provence, à Arles, en Avignon.
1910 Rilke termine et publie les Carnets.Avril : il fait la connaissance de la princesse Marie de Tours et Taxis, à Duino, au bord de l'Adriatique, entre Venise et Trieste.
1911 Voyages.Hiver 1911-1912 à Duino. Traduction du Centaure de Maurice de Guérin.
1912 À Duino, composition des premières Élégies. Traduction de L'Amour de Madeleine.
1913 Espagne, Paris. Traduction des Lettres Portugaises.
1914 Traduction du Retour de l'enfant prodigue d'André Gide. Relation avec la pianiste Magda von Hattinberg (Benvenuta). La déclaration de la guerre trouve Rilke en Allemagne, où il reste jusqu'à la fin des hostilités, le plus souvent à Munich. Ses papiers sont placés sous séquestre à Paris.
1916 Mobilisé à Vienne en janvier, il est libéré dès le mois de juin.
1918 Rilke reprend contact avec son éditeur Kippenberg. Traduction de Vingt-quatre sonnets de Louise Labé.
1919 Rilke reprend sa vie errante. Tournée de conférences en Suisse.
1920 Rilke retrouve la princesse de Tour et Taxiz. Relation avec Merline (Baladine Klossowska). Relation amicale avec Werner Reinhart, un industriel de Winterthur, qui, l'année suivante, achète à son intention la tour isolée de Muzot, près de Sierre, qui sera pour plusieurs années sa résidence.
1922 Achèvement des Élégies de Duino et rédaction des Sonnets à Orphée.Mariage de Ruth Rilke en Allemagne.
1923 Muzot. Rilke travaille à des traductions de Paul Valéry.
1924 Premier séjour en clinique à Valmont, près de Montreux. Premiers poèmes en français, pour appuyer, dit Rilke, sa future demande de nationalité suisse.
1925 Séjours en Suisse et à Paris, qu'il quitte soudain pour Sierre; nouvelle cure à Bad Ragaz.
1926 - 29 décembre : Rilke succombe à une leucémie.
1927 - 2 janvier : enterrement au petit cimetière de Rarogne.
Lettres à un jeune poète:
Une seule chose est nécessaire: la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même, et ne rencontrer, des heures durant, personne - c'est à cela qu'il faut parvenir. Etre seul comme l'enfant est seul quand les grandes personnes vont et viennent, mêlées à des choses qui semblent grandes à l'enfant et importantes du seul fait que les grandes personnes s'en affairent et que l'enfant ne comprend rien à ce qu'elle font. S'il n'est pas de communion entre les hommes et vous, essayez d'être prêt des choses: elles ne vous abandonneront pas. Il y a encore des nuits, il y a encore des vents qui agitent les arbres et courent sur les pays. Dans le monde des choses et celui des bêtes, tout est plein d'évènements auxquels vous pouvez prendre part. Les enfants sont toujours comme l'enfant que vous fûtes: tristes et heureux; et si vous pensez à votre enfance, vous revivez parmi eux, parmi les enfants secrets. Les grandes personnes ne sont rien, leur dignité ne répond à rien.
[...] Cherchez en vous-mêmes. Explorez la raison qui vous commande d'écrire; examinez si elle plonge ses racines au plus profond de votre coeur; faites-vous cet aveu : devriez-vous mourir s'il vous était interdit d'écrire. Ceci surtout : demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit; me faut-il écrire ? Creusez en vous-mêmes à la recherche d'une réponse profonde. Et si celle-ci devait être affirmative, s'il vous était donné d'aller à la rencontre de cette grave question avec un fort et simple "il le faut", alors bâtissez votre vie selon cette nécessité; votre vie, jusqu'en son heure la plus indifférente et la plus infime, doit être le signe et le témoignage de cette impulsion. Puis vous vous approcherez de la nature. Puis vous essayerez, comme un premier homme, de dire ce que vous voyez et vivez, aimez et perdez. N'écrivez pas de poèmes d'amour; évitez d'abord les formes qui sont trop courantes et trop habituelles : ce sont les plus difficiles, car il faut la force de la maturité pour donner, là où de bonnes et parfois brillantes traditions se présentent en foule, ce qui vous est propre. Laissez-donc les motifs communs pour ceux que vous offre votre propre quotidien; décrivez vos tristesses et vos désirs, les pensées fugaces et la foi en quelque beauté. Décrivez tout cela avec une sincérité profonde, paisible et humble, et utilisez, pour vous exprimer, les choses qui vous entourent, les images de vos rêves et les objets de votre souvenir. Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l'accusez pas; accusez-vous vous-même, dites-vous que vous n'êtes pas assez poète pour appeler à vous ses richesses; car pour celui qui crée il n'y a pas de pauvreté, pas de lieu pauvre et indifférent. Et fussiez-vous même dans une prison dont les murs ne laisseraient parvenir à vos sens aucune des rumeurs du monde, n'auriez-vous pas alors toujours votre enfance, cette délicieuse et royale richesse, ce trésor des souvenirs ? Tournez vers elle votre attention. Cherchez à faire resurgir les sensations englouties de ce vaste passé; votre personnalité s'affirmira, votre solitude s'étendra pour devenir une demeure de douce lumière, loin de laquelle passera le bruit des autres.
C'est beau mais... qu'est-ce qu'on se sent minuscule... bonne soirée !


















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