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15 avril 2007

J'aime les arbres

J'ai beaucoup d'affection pour les arbres. En lisant le Senso, je suis tombée sur cette image que je trouve si belle. Je me permets de la reproduire ici. C'est une illustration de Charlotte Gastaud à un texte de Nina Bouraoui.

Arbre_pour_prisca

En la voyant, j'ai pensé à une copine qui aime les arbres... C'est pour toi !

Bonne soirée à vous tous !

01 mars 2007

Balthus

Le fait d'être tombée hier par hasard sur ce beau texte de Rainer Maria Rilke serait-il une manifestation de la synchronicité promise par l'auteur des cours de "The Artist's Way" ? En tous les cas, quel hasard bizarre... Relire Rilke ne pouvait en effet que me faire penser à Balthus, qui est l'un des peintres que j'admire le plus. En outre, j'ai un attachement particulier pour lui, puisqu'il est un peu relié à mon enfance. J'ai passé mon enfance pas très loin de chez lui et je me souviens du silence dans la voiture lorsque toute la famille tournait la tête respectueusement vers  le Grand Chalet lorsque nous traversions Rossinière, chacun se demandant si "il" était là... Et, ce matin, je me suis souvenue que Balthus rappelait en riant qu'on ne lui avait fêté son anniversaire que tous les 4 ans. En effet, il est né le 29 février 1908. Il aurait donc aujourd'hui "presque" son anniveraire de 99 ans.

C'est donc comme un hommage que je lui dédie dans cette note.

Voici sa biographie trouvée ici.

De son vrai nom Balthasar Klossowski de Rola, Balthus est né à Paris le 29 février 1908, dans une famille d'origine polonaise liée aux milieux artistiques et littéraires et passe sa jeunesse entre les villes de Berlin, Berne, Genève et Paris et ses vacances d'été au Beatenberg, dans la région du lac de Thoune, en Suisse, entre  les années 1917 et 1927.

Il s'interresse très tôt au dessin et à la peinture. Totalement autodidacte, il réalise dès l'âge de 12 ans une série de dessins,et en publie un livre, encouragé par Rainer Maria Rilke, un ami de sa mère, préfacé par le poète, et édité en 1921, sous le titre "Mitsou le Chat". C'est en 1924, qu'avec sa mère Baladine Klossowska, et sa famille liée à André Gide, André Derain et Pierre Bonnard qu'il vient alors s'établir à Paris où il restera jusqu'en 1954.

Paris, alors qu'il n'a que seize ans, est pour lui une ville d'un certain mystère, d'une étrangeté, d'une lumière particulière, avec des lieux, des personnages, des odeurs qui l'envoûtent  et lui procure une sensation pénétrante de mélancolie, l'impression d'une certaine solitude et d'une absence existentielle, qui l'inspirent et dont il imprègnera ses premiers tableaux. Il écoute bien sûr les conseils qu' André Derain et Pierre Bonnard lui prodiguent, mais il se passionne aussi pour Nicolas Poussin, dont il s'exerce à copier les oeuvres au Louvre, telle que le fameux "Echo et Narcisse". Il est nostalgique de l'art du grand maître, mais aussi des personnages de Piero della Francesca ou de Masaccio et l'admirateur de Gustave Courbet.

Son "Jardin du Luxembourg" qu'il peint en 1927, où il figure des jeux d'enfants, révèle déjà cette étrangeté de la lumière, des couleurs et de l'attitude des personnages à laquelle il s'attache. "Le café de l'Odéon" en 1928 et "Les Quais" qu'il réalise en 1929, confirment cette vision énigmatique de la ville et de la solitude des êtres dans leur activité absente.

Une toile qu'il peint en 1929, et qu'il intitule "La Rue" illustre l'atmosphère de la Rue Bourbon le Château, à l'angle de la Rue de l'Echaudé. Un personnage main sur le coeur se dirige le regard absent vers le spectateur au milieu d'une rue baignée d'une lumière sépia, tandis que s'activent des passants qui semblent enfermés dans leur pensée ou dans leur destin.

Dès le début des années trente, il peint des portraits de jeunes filles, des groupes de figures et des paysages de la ville et quelquefois de la campagne, qui forment de grandes compositions, mais il en revient au thème de "La Rue" avec cette autre composition peinte en 1933, et qu'il montre pour sa première exposition à la Galerie Pierre en 1934. Celle ci fait scandale, le révèle, et le fait connaître d'André Breton, ou de Jean Paul  Sartre. Cette toile représente une rue dans laquelle des personnages évoluent avec leurs regards fixes et hypnotiques comme des automates, dans une existence séparée du monde. Il s'agit de la même rue que celle qu'il avait peint en 1929, et en partie des mêmes personnages absorbés par leur silence intérieur. Seuls des enfants donnent un semblant d'animation à cette toile figée : l'un semble montrer son interêt pour le jeu d'une balle écrasée sur le sol, tandis qu'un garçon aux yeux fermés saisit le main d'une adolescente dans un jeu où transparaît l'attrait d'une sexualité naissante.

Balthus manifeste dans cette toile cette indépendance qui l'opposera toujours au surréalisme qu'il considéra toujours être une faillite de l'art. Résolument figuratif, ses tableaux au fil des années représentent plus volontiers des scènes à la fois intimistes, insolites et érotiques, dans lesquelles, des jeunes filles, ou des personnages évoluent dans cette absence constante, repliée sur soi, et une pensée à la proie du rêve, du cauchemar ou de l' inconscient.

"Alice dans le miroir" en 1933, qui représente une jeune fille aux yeux aveugles, ignorant le regard de l'autre posé sur sa nudité innocente, ainsi que le portrait qu'il intitule "André Derain" en 1936, révèlent aussi que finalement, ce ne sont pas les êtres, ni les choses que Balthus peint, mais davantage, les rapports d'absences et de silences qui les lient, comme une dissolution tragique de la communication. Ce que l'on croit comprendre avec Balthus, c'est que tout individu est seul au monde.

" Thérèse Rêvant "en 1938, ou " Les Beaux Jours " en 1944, ou encore " Deux jeunes filles " en 1949 transcrivent  une dimension supplémentaire dans l'oeuvre de Balthus. Il y a sans doute de l'érotisme dans ces toiles, mais l'abandon de ces jeunes filles dans le sommeil ou dans le miroir traduisent essentiellement la fuite et l'éloignement du monde, l'abandon à un bonheur perdu et inconnu que procure le rêve. Le symbolisme s'exprime dans la traduction d'un bonheur qui est là en soi, davantage qu'il n'est avec les autres. Il figure une quête nostalgique de paradis perdus dans le passé des rêves ou de l'enfance.

"Le Passage du Commerce Saint André " et par opposition " La Chambre" qu'il peint la même année en 1952, confirment cette démarche intellectuelle et quasi existentialiste de sa peinture. L'instant, la lenteur, le silence, la solitude, l'absence, le dérisoire dépeignent le théâtre du monde où le dedans s'éprouve dans le  dehors. Ses composition méticuleusement travaillées, laissent la place à un sensation de vie entre la veille et le sommeil, comme l'expression de l'instant suspendu qui fige l'action dans son déroulement.

Là où beaucoup ne voyaient, qu'une peinture traditionnelle chez Balthus dominée par la gamme de couleurs ocres et terres, Antonin Artaud qui l'avait rencontré dès 1934, y voyait une "peinture de tremblement de terre" disait-il sous un calme factice. "Cette peinture tellurique sent la peste, la tempête et les épidémies", disait -il , et il reconnaissait en Balthus l'un des ses adeptes de son théâtre de la cruauté.

A partir des années 1950, la gamme de ses couleurs semble s'éclaircir à la faveur peut-être de son départ de Paris, pour aller vivre dans le Morvan à Chassy  en 1954, et y retrouver peut être le contact avec la nature qu'il avait connu durant sa jeunesse lors de ses voyages en Suisse. On retrouve des oppositions de couleurs bleu et jaune et le vert et rouge, déjà vues quelquefois comme dans "Le Ceriser" en 1942 ou dans "Jeune fille en vert et rouge" en 1944, ou encore dans "La Partie de Cartes" en 1948, mais qui se développent pour donner des impressions d'automnes ensoleillés que traduisent si bien les paysages et la vie à  Chassy tel que dans  "Jeune Fille à la Fenêtre "en 1955.

En 1956, le Museum d'Art Moderne de New York organise une rétrospective de son oeuvre qui lui permet d'être dès lors totalement reconnu en opposition avec le développement de la peinture abstraite, et maître d'un retour attendu à l'expression figurative.
L'oeuvre du peintre, pour lui, comme l'expliquera son biographe Jean Clair, "c'est de refuser la boue", ainsi que le lui avait enseigné Rilke. "C'est tourner le dos à ce qui, dans l'art de notre époque, en croyant exprimer sa singularité, tire en fait l'être en arrière, et le ramène au magma".
Loin des modes, ne disait-il pas de lui même : "Je suis né dans ce siècle, mais j'appartiens bien davantage au XIXème siècle".

D'abord marié en premières noces à Antoinette Von Wattenwyl qui lui avait donné deux enfants, Stachou et Thadée, Balthus épouse en octobre 1967 Setsuko Ideta, dont il a une fille, Harumi.

Considéré à cette époque comme l'un des plus grands peintres réalistes de son temps, il prend  la direction de la Villa Médicis à Rome, en 1971 par le souhait de son ami, le ministre André Malraux, et ce jusqu'en 1977 .

C'est alors qu'il se retire en Suisse dans son chalet vaudois de Rossinière pour continuer à peindre de nombreux paysages ainsi que des scènes intimistes, tel que " Nu Assoupi " en 1980.

La réputation de Balthus va dès lors grandissant à partir de 1984, lors des grandes rétrospectives de Paris et New York, mais aussi par de régulières et importantes expositions au travers le monde jusqu'à être l'un des rares artistes à avoir été exposé au Louvre de son vivant.

Il avait été aussi l'ami de Miró, dont il avait fait le portrait en 1938, et avait été l'illustrateur  par ailleurs de certains ouvrages littéraires tel que " Les Hauts de Hurlevent " pour une édition de 1935. Il avait aussi réalisé les décors de théâtre pour "La Peste " d'Albert Camus en 1949, ainsi que ceux de 'L'Ile aux Chèvres " d'Ugo Betti en 1952.

Décédé dans son Chalet de Rossinière en pays de Vaud en Suisse le 18 février 2001, il laisse derrière lui une oeuvre totalement singulière de plus de 350 peintures connues à ce jour, de plus d'un millier de dessins et d'une cinquantaine de carnets de croquis. 

Balthus ne se considérait pas comme un artiste mais comme "un travailleur", il disait l'"Art est un métier". "Depuis lontemps , la notion d'avant garde en peinture ne signifie plus rien. Les faux amateurs d'art, les spéculateurs achètent ce qu'ils ne savent pas déchiffrer, de peur de rater le coche. C'est le grand malentendu de l'art moderne. Ce phénomène a favorisé l'éclosion de la dictature de la non figuration, à laquelle s'opposent les dictatures expressionniste, surréaliste, minimaliste, non moins repoussantes et tout aussi prometteuses de réveils désagréables...Quand je peins, je n'essaie pas de m'exprimer, mais plutôt d'exprimer le monde" disait- il, (à Véronique Prat en février 1998 dans une interview au journal Le Figaro).

Bonne soirée à tous !

13 février 2007

Artemisia Gentileschi

Avez-vous déjà entendu parler d'Artemisia Gentileschi ? Voici ce qu'ils en disent sur Wikipedia:

"Artémisia Lomi Gentileschi (née le 8 juillet 1593 à Rome, morte en Naples vers 1652) est une peintre italienne, fille du peintre maniériste toscan, Orazio Gentileschi (1563-1639).

Née à Rome, elle était la fille aînée de son père, peintre célèbre, qui l'initia très jeune à la peinture. Elle signa dès l'âge de 17 ans sa première œuvre « Suzanne et les vieillards » . À 19 ans, alors que l'accès à l'enseignement des Beaux-Arts, exclusivement masculin, lui était interdit, son père lui donna un précepteur privé, Agostino Tassi.

Remarquablement douée, et aujourd'hui considérée comme l'un des premiers peintres baroques, l'un des plus accomplis de sa génération, elle s'impose par son art à une époque où les femmes peintres n'étaient pas facilement acceptées. Elle est la première femme à entrer à l'Académie de dessin de Florence. Elle fut également la première femme à peindre l'histoire et la religion à une époque où ces thèmes héroïques étaient considérés comme hors de portée d'un esprit féminin.

Elle reprend et modifie plusieurs fois les œuvres de son père, auxquelles elle donne une touche d'une âpreté réaliste que n'avait pas celui-ci. Elle les insère dans une atmosphère dramatique en y accentuant le clair-obscur à la manière du Caravage si prisée par les Napolitains, contribuant ainsi à l'évolution de ce style d'une façon déterminante.

Judith décapitant Holopherne (v.1611-1612) 
Judith décapitant Holopherne (v.1611-1612)

On lui doit notamment une Madeleine conservée à la Galerie Palatine du palais Pitti à Florence, ainsi que son indéniable chef-d'œuvre Judith et Holopherne, conservé à la galerie des Offices à Florence, où elle donne ses propres traits à sa Judith, attribuant à Holopherne ceux de Tassi. Elle nous a laissé d'elle un autoportrait d'une grande vigueur où se dénote une maîtrise consommée de son art, et de l'art.

Un scandale marque sa vie. Artemisia en effet est violée en 1612 par son professeur, le peintre Tassi. Celui-ci promet d'abord de l'épouser pour sauver sa réputation, mais il ne tient pas sa promesse et le père d'Artemisia porte l'affaire devant le tribunal papal. L'instruction, qui dura sept mois, fit découvrir que Tassi avait formé le projet d'assassiner son épouse, avait commis l'inceste avec sa belle-sœur et avait voulu voler certaines peintures d'Orazio Gentileschi. Pendant le procès, Artemisia fut soumise à un humiliant examen gynécologique et torturée pour vérifier la véracité de ses accusations. Tassi fut condamné à un an de prison et à l'exil des États pontificaux.

Suzanne et les vieillards (1610) 
Suzanne et les vieillards (1610)

Après le procès, Artemisia épousa, dans un mariage arrangé, un peintre florentin, Pietro Antonio Stiattesi, et s'installa à Florence en 1614 où elle travailla notamment au palais Buonarroti. Elle devint un peintre de cour à succès, sous le patronage des Médicis et de Charles Ier. Séparée de son mari, elle revint brièvement à Rome en 1621, et après divers voyages et avoir vécu en 1638- 1639 à Londres (où son père meurt en 1639), elle partit définitivement pour Naples en 1642 où elle passa le reste de sa vie. Elle donna naissance à cinq enfants, dont seule une fille atteint l'âge adulte. Après sa mort vers 1652, elle fut oubliée.

On attribue à son viol et au procès humiliant qui s'ensuivit certains traits de son œuvre, l'obscurité et la violence graphique qui s'y expriment, en particulier dans le tableau célèbre qui montre Judith décapitant froidement Holopherne. Ses peintures expriment souvent le point de vue féminin, et sa manière de peindre est très influencée par Le Caravage."

J'aime particulièrement les peintures suivantes:

d'abord, un autoportrait:

Gentileschi_allegory

Judith:

Judith_m_artemisia_getileschi_2

Et enfin une Sainte Cécile:

Gentileschi_cecilia

Vous avez remarqué la qualité de cette peinture ? La beauté de ces portraits ? Et ces jaunes, ces drapés... Caramba ! Je suis jalouse !

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