Mon mal d'épaule disparaît "gentiment", mais ce temps de calme imposé, de presque immobilité n'aura pas été du temps perdu. Je dirais presque: "Heureusement que je me suis fait mal !".
Vous est-il déjà arrivé de vous retrouver, au sortir d'une fièvre, comme nettoyée ? C'est ce que je ressens très fort aujourd'hui. J'ai eu de la fièvre l'autre nuit, accompagnée de cauchemars terribles... et j'en ressors lessivée, essorée... mais débarrassée de... je ne sais pas de quoi, mais je me sens bien.
D'abord, j'ai pris le temps de lire les "Lettres à un jeune poète" de Rainer Maria Rilke avec attention et, surtout, avec un intérêt grandissant. Il est rare, en tous les cas pour moi, de comprendre à ce point, intimement, intensément, ce que quelqu'un exprime. C'est très étrange... et ça me fait beaucoup réfléchir à mes choix, à ma vie et à mon avenir. Et quel soulagement de me voir ainsi approuvée et confortée dans mes choix. C'est si rare ! D'autres phrases me touchent comme des coups de poing qui tapent exactement là où ça fait mal... De toutes façons, je suis décidée à me procurer toute sa correspondance et à la lire comme on lit... non, je n'irai pas jusqu'à dire la Bible... disons, quelque chose d'important.
Vous savez peut-être déjà que j'ai quelques "Maîtres" en peinture ? De ces artistes dont l'oeuvre est un phare plus ou moins lointain ? Léonor Fini, Artemisia Gentileschi et Camille Claudel pour les femmes, Balthus, Bonnard et Courbet, pour n'en citer que trois... les primitifs italiens qui me touchent tant, aussi. Leur point commun ? La passion et le métier.
En sachant que Balthus a connu Rilke lorsqu'il était tout jeune, je comprends mieux la vie du peintre, ses choix, son destin. Je crois comprendre qu'il a dû admirer beaucoup Rilke et le prendre un peu comme modèle, comme guide. Et ça ne l'a pas desservi ! En fait, bien des choix de Balthus deviennent limpides une fois qu'on a compris l'enseignement de Rilke. Rilke était très proche de la famille Klossowsky, puisqu'il était l'"ami intime" de la maman de Balthus. Il a écrit des "Lettres à un jeune peintre", adressées à Balthus, que je désire vraiment trouver. Je vais faire une recherche sur Google et j'espère pourvoir les commander. Je vous en dira plus si je réussis.
Je lis aussi toujours, et j'essaie de faire les exercices de The Artist's Way. Tout ça étant lié étroitement, il me semble. La fameuse synchronicité annoncée ? Ce n'est pas impossible. Mais je me sens obligée de parler du cours The Artist's Way. Elle demande qu'on écrive trois pages tous les matins. J'écris mon journal intime depuis des dizaines d'années, presque tous les jours. En fait, ce sont mes pages du matin à moi. Cet exercice ne change donc rien à mes habitudes, ne m'apporte rien. En me disant que ses cours étaient destinés, au départ, aux artistes "bloqués" de New York, j'en déduis qu'il devait s'agir principalement d'écrivains, scénaristes, journalistes, publicitaires et autres, désirant s'exprimer par l'écriture. Ce cours ne s'adresse pas aux peintres et sculpteurs, mais bien plutôt aux écrivains. Alors, il me semble plus judicieux que je l'adapte à ma façon. Il faut aussi apprendre à oser ne pas prendre les choses à la lettre, à en tirer l'essentiel, l'utile, et à le modeler selon ses propres besoins. Et de quoi ai-je le plus besoin pour développer ma créativité en tant que peintre ? Mais de dessiner, de peindre... donc, je vais remplacer les trois pages d'écriture quotidienne - que je fais de toutes façons... - par un dessin, croquis, esquisse ou aquarelle quotidien. Je vais m'efforcer de faire, tous les jours, une petite création autre que celle qui se trouve sur mon chevalet, autre que ce que les gens me demandent de faire pour eux, autre que ce que je prévois pour ma prochaine exposition. Je vais faire tous les jours une petite peinture ou autre technique, juste pour me faire plaisir. C'est pas une jolie idée, ça ? Quelque chose qui sera "rien que pour moi"... Rien à prouver, pas de ligne à suivre, pas de style à trouver, toutes les fantaisies sont autorisées ! Alors, je vais faire quelque chose que je me refuse de faire "normalement", c'est de m'inspirer de ce que font les autres. Sur les blogs de photographes, il y a tant et tant d'images dont je rêve de m'inspirer, mais je n'ose pas ! Dans les blogs des autres peintres et créateurs, il y a des choses si géniales, mais que je n'ose pas imiter par peur d'être accusée de plagiat, par crainte qu'on ne me traite de copieuse... alors, puisque ce ne sera qu'un exercice quotidien, un échauffement, je vais me donner cette permission et presque me l'imposer.
Pisasso ne disait-il pas: "C'est en essayant d'imiter les autres qu'on devient soi-même."
Qu'en pensez-vous ?
Bonne journée à vous tous.
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