Le Clézio ? Un extrait que j'aime beaucoup:
- Je veux parler de Dzibilnocac, parce que cette légende d'un lieu solitaire où on écrit la nuit me paraît belle. Belle comme la chambre d'ombre, le lieu où on est le mieux au monde pour oublier le monde et entrer seul dans les signes, qu'ils soient gravés sur la pierre, peints sur les feuilles de papier pliées en accordéon ou imprimées sur les pages serrées des livres sans images, qu'on tourne lentement dans le silence de la nuit. Écrire de nuit, lire de nuit, c'est le plus extraordinaire et le plus facile des voyages. Le temps se défait à rebours, le temps s'étire et se retourne, ponctué seulement parfois par un bruit de cloche venu de quelque sorte de tour perdue, au-delà des esplanades et des avenues, ou par le glissement du vent dans les feuillages inconnus, qui se referment aussitôt, comme font les branches et les lianes autour des murailles du vieux temple maya. -
J.-M.G. Le Clézio, La Fête chantée, p. 122.
Commentaires