Non, je n'ai pas oublié d'écrire ici, et non, ce n'est pas par manque de beaux textes à partager. Le temps qui passe trop vite, quelques soucis aussi, qui coupent l'élan, qui me "prennent la tête" et quand ma tête est prise, elle devient hermétique à quoi que ce soit d'autre qu'à ses petites ou grosses préoccupations. Mais qui n'a pas de soucis ? Personne. Tout ceci est d'un banal... à pleurer ? Mais passons à autre chose.
J'ai reçu hier le journal d'un aquarelliste dont voici l'avant-propos:
"Pour ce livre, à certains moments, j'ai peint et peu écrit. Je tissais quelques fils avant de coudre plus tard la trame. Puis, ce fut l'inverse, l'écriture me saisissait. Les mots m'éloignaient alors de la peinture.
Il y a eu même le vide des entre-deux. Des errances douloureuses, des boussoles perdues.
Accroché d'un côté à mon pinceau et à l'écriture de l'autre, j'ai ressenti une tension rappelant la corde des arcs que je fabriquais dans mes jeux d'enfant. Je me trouvais parfois si tendu que je devenais moi-même cette corde.
En bord de rupture.
Mon mental devait réinventer la tension exacte, celle qui maintient l'unité.
Qu'aurais-je fait dans mon atelier sans ce projet ?
Beaucoup moins de choses...
Ce livre m'a probablement construit dans une part secrète de moi-même. je voulais peindre le vivant, les visages et les corps. Puis les traces qu'ils laissent en leur absence."
Le livre a été édité chez Fleurus - ISBN 2-215-07584-8
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